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En entretien ménager, les dernières décennies furent dédiées à éliminer les bactéries, les virus et les champignons de notre environnement. À bas, les microbes! La vie microscopique n’a pas sa place dans nos maisons. Mais pourquoi? Puisqu’un humain adulte a dix fois plus de cellules microbiennes en lui que de cellules humaines, c’est clair que cette désinfection totale ne sera jamais atteinte. Mais alors, si on est plein de bactéries, pourquoi vouloir les chasser de facto?  Le temps est venu de confronter notre besoin excessif de désinfection et de mieux le comprendre.

 Bactéries? Microbes? Virus? Quessé?

Le mot microbe est en fait un raccourci pour le terme micro-organisme. Un micro-organisme est défini comme un organisme généralement unicellulaire microscopique ne faisant pas partie du règne végétal ou animal. Dans le langage familier, la connotation associée à microbe est toute autre : on en parle plus comme étant un organisme unicellulaire pathogène. (Lire ici méchante affaire qui nous rend malades.) Les microbes se divisent en trois grande familles : les bactéries, les virus et les champignons et levures.

Le mot bactérie, quant à lui, n’est pas mieux perçu. Bien qu’il soit défini comme un micro-organisme unicellulaire sans noyau se distinguant par son type de reproduction, on en parle plus souvent dans la vie de tous les jours comme d’un intrus dans notre corps qui nous gratifie d’une belle infection.

Un virus est un micro-organisme qui peut déclencher une infection virale. Il se sert d’un hôte afin de se multiplier et ainsi contaminer un organisme plus grand. Le virus a donc toujours un potentiel pathogène.

Un champignon est un organisme uni ou pluricellulaire avec un noyau, mais dépourvu de chlorophylle. Il est responsable des infections  comme la mycose, la candidose et la teigne. En entretien ménager, on l’associe principalement aux moisissures, néfastes pour l’humain et se reproduisant à l’aide de spores.

Histoire de microbes

Au moment où les microbes ont été découverts, ils ont été associés directement aux maladies. C’est d’ailleurs Louis Pasteur et ses collaborateurs qui réussiront à prouver que des organismes infiniment petits sont responsables de maladies. Il réussira à produire le vaccin contre la rage et le processus de la pasteurisation pour lesquels on le connaît à partir de ces travaux sur les micro-organismes qui peuplent nos environnements. Bien que ces découvertes constituent une avancée scientifique et médicale importante et indéniable, elles ont été le fil conducteur d’un siècle entier de guerre contre les microbes.

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À quoi ça sert alors?

À tellement de choses que ce serait impossible de toutes les lister ici sans vous emmerder. Parmi les plus généraux, on peut dire que les micro-organismes sont responsables en partie de votre digestion et influencent également votre prédisposition à l’obésité.

Grâce à eux, nous pouvons déguster une bonne bière ou un bon vin : ils s’occupent de la fermentation.

Ce sont également des bactéries et des champignons qui vous procurent votre odeur corporelle et qui la rendent moins agréable au contact de la transpiration.

Les bactéries sur votre peau détermineront si vous êtes sujets ou non à vous faire piquer par les maudits maringouins les soirs de juin.

Les microbes décident si vous êtes attirés sexuellement par quelqu’un ou non.

Et ça continue, vraiment longtemps. De plus en plus, les scientifiques se penchent sur la question du rôle de notre microbiote, ou communauté microbiale, sur notre vie de tous les jours. La revue Québec Sciences consacre notamment son numéro de mars à la population de microbes dans nos intestins, élevant nos selles de déchets désagréables à purs trésors. Leur dossier Tout sur le caca approche la situation de façon tout d’abord légère pour finalement entrer dans le vif du sujet : on gagnerait à en savoir plus sur nos microbes.

 Microbes et système immunitaire

Ces derniers temps, on voit de plus en plus les médias nous dire que peut-être quon frotte trop. Qu’on devrait slacker un peu. Plusieurs études scientifiques récentes arrivent à la conclusion que l’aseptisation a un effet pervers : le développement du système immunitaire ne se fait pas de la même façon pour un enfant dans un environnement excessivement propre que chez l’enfant qui évolue dans un contexte plus neutre. Les allergies sont donc plus communes et les pathologies qui y sont reliées plus courantes.

Selon dautres études, les microbes qui entrent en contact avec le système immunitaire protégeraient également contre les maladies auto-immunes comme le diabète. Un système immunitaire bien éduqué aurait donc tendance à moins se revirer de bord contre son hôte : logique, non? Pourtant, ce n’est que depuis les années 90 qu’on parle de la théorie d’hygiène excessive.

Le système immunitaire fonctionne comme une petite armée qui apprend à combattre les intrus au fur et à mesure qu’elle les rencontre. Il est donc bien difficile pour lui de devenir plus efficace s’il ne rencontre aucun agent pathogène. Il ne saura pas quel move essayer en rencontrant un nouveau virus ou comprendra pas le langage de la nouvelle bactérie arrivée. Tout comme son hôte, il est en constant changement et a une grande capacité d’adaptation.

Comme notre cerveau, le système immunitaire a besoin d’être stimulé pour apprendre.

Je vous laisse sur un Ted Talk donné par la biologiste moléculaire Bonnie Bassler, qui démontre bien à quel point on en connait peu sur les bactéries et la façon dont elles nous influencent. La semaine prochaine, je vous jaserai encore de microbes. Histoire de délaisser un peu la grippe qui fait rage en ce moment et qui leur fait une mauvaise presse!

À la semaine prochaine!

Sources pertinentes : 

Meet the microbial life in your home – and in your face, Anne Madden, microbiologiste
L’humain et ses bactéries, Institut de recherche en santé du Canada
It’s all around us, Brooke Borel, journaliste et auteure spécialisée en sciences

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